Le deuil : sortir ses émotions, sortir du silence

- Ton sourire, ta présence invisible sont là pour me rappeler, de cesser de vivre sans exister.

- Florent Meyer.

Un jour qui restera toujours spécial…

En ce samedi 20 avril 2019, jour d’anniversaire de ma maman j’ai souhaité lui rendre hommage au travers de ce titre intitulé “Dans tes écrits” que Florent Meyer m’a si bien écrit et composé. 

Je le remercie du fond du coeur d’avoir su trouver les mots qui me manquaient pour envoyer à ma mère, où qu’elle soit, tout l’amour que je lui porte au-delà de son absence… 

Alors à toutes celles et ceux à qui il manque la présence d’un être cher… Exprimez-vos émotions, ne vous renfermez pas, avancez…

 “CESSONS DE VIVRE SANS EXISTER”

Sous la vidéo vous pourrez lire, si vous en éprouvez le besoin, un petit article afin de briser le silence.

 

Le deuil, un tabou encore trop présent

Le deuil est encore un tabou très présent dans notre société, et les personnes vivant la perte d’un être cher se retrouvent le plus souvent démunis face à leur chagrin. Très rapidement le silence s’installe, et l’on nous dit que le temps fermera les blessures.

Mais la vérité, c’est qu’un chagrin non exprimé restera inévitablement enfoui durant des années, voire parfois même durant toute une vie à l’intérieur de soi.

Le deuil est une épreuve très particulière qui est propre à chacun d’entre nous. En effet, nous avons tous un vécu et des relations bien singulières avec nos proches, et nous avons tous une manière différente de gérer nos émotions. Voilà pourquoi il est souvent si difficile d’aider un proche dans ces moments si délicats.

En de telles circonstances certains auront besoin de parler, d’autres s’enfermeront dans le silence, certains occuperont leur tête au travail, d’autres encore chercheront à profiter de la vie au maximum.

Mais majoritairement nous avons tous pris une habitude qui nous cause du tort, celle de faire taire nos émotions et nos sentiments au détriment de la souffrance qu’elles provoquent en nous.  Nous pouvons enterrer et masquer ces émotions durant des années, mais elles ressortiront à la surface tôt ou tard et ce malgré nous.

Donc lorsque nous nous obstinons à les garder à l’intérieur, ces émotions refoulées deviennent totalement incontrôlables, et le trop-plein finit par déborder lorsqu’on s’y attend le moins, chose d’autant plus difficile à gérer.

Deuil-émotion-tristesse-force-courage-tabou-silence-peine-souffrance-mort-bougie

La gestion du déni

J’ai perdu ma tante en 2015, ma mère en 2016, ainsi que mes deux grands-pères en 2017…
Jusqu’alors je ne savais pas ce que voulait dire être en deuil, parce que le départ d’un être cher nous tombe dessus sans prévenir, et quand bien même nous pensons nous y être préparés, nous ne pouvons imaginer le bouleversement intérieur que cela va susciter en nous.

La vérité c’est que lorsque cela nous arrive nous sommes totalement déconnectés de la réalité. Le monde s’effondre autour de nous, les repères tombent, et on ne cesse de se répéter que ce n’est pas possible.

Cette phrase je l’ai répété en boucle pendant des jours : “Ce n’est pas possible …” A cet instant même, nous espérons encore nous réveiller, ou bien encore pouvoir retourner en arrière pour éviter le pire, mais cela n’est plus possible…

Une angoisse du temps qui passe et de notre impuissance face à ces épreuves incontrôlables se manifeste alors en nous. Vivre devient inquiétant, voire même urgent, pourtant une partie de nous reste anesthésiée.

Comment accepter l’inacceptable, la séparation, l’absence, le manque, la peine … Comment ne pas perdre pieds, et continuer à avancer, pour retrouver du sens à nos existences ?

Les jours passent et peu à peu tout s’éloigne. Le silence prend place, la vie reprend son cours. 
Les pleurs s’espacent, le calme semble être revenu. Et pourtant tout est là sous nos yeux, des yeux que nous avons revêtus d’oeillères pour stopper la douleur.

On pense alors aller mieux, on pense avoir fait son deuil, mais la réalité est tout autre car à l’intérieur de nous la plaie est restée grande ouverte.

Deuil-émotion-tristesse-force-courage-tabou-silence-peine-souffrance-mort

Continuer à avancer 

Que reste t-il après le départ brutal d’une personne que l’on aime ? Des écrits, des souvenirs, des photos, des vidéos, des objets, des flashs-black, … devenant peu à peu de plus en plus flous…

Il reste les rires, les mimiques, les caresses tendres, les petits surnoms, toutes ces choses qui restent dans notre coeur et qui provoquent dans nos vies un silence tellement pesant lorsqu’elles ne sont plus vécues dans l’instant présent avec la personne absente.

Alors nous fuyons souvent les photos, ou les instants immortalisés en vidéo…
On s’y reprend à plusieurs fois avant de se séparer de quelques affaires, ou alors à l’inverse on se débarrasse de tout ce qui pourrait rouvrir la blessure, et on tente d’avancer malgré la douleur.

Au fond tout ceci n’est pas important, peu importe ce que vous allez faire de tous ces souvenirs et de tous ces objets. Le principal c’est comment vous allez faire sortir vos émotions bloquées, et comment vous allez rebondir sur ces épreuves douloureuses de la vie, qui malgré le chagrin sont toujours là pour nous enseigner quelque chose.

Je ne pense pas qu’il y ait une méthode quelconque pour gérer un deuil, mais ce que je sais, c’est que le corps n’est pas conçu pour emmagasiner une telle surcharge de stress et d’émotions négatives sur le long terme, et que cela peut ressortir par divers symptômes physiques (nausée, chalazions à répétition, estomac ou gorge nouée, perte de cheveux, …).

Par exemple mon premier kyste à l’oeil est apparu après le décès de ma tante et ils se sont multipliés après celui de ma mère. La vérité, c’est qu’ils sont liés à beaucoup d’autres facteurs, mais que cela révèle tout de même qu’un certain stress et de nombreuses émotions ne sont pas encore sorties. 

Voilà pourquoi j’ai choisi de faire de l’absence de ma mère un moteur pour avancer et pour me dépasser. Certes, certains jours c’est difficile car comme beaucoup d’entre vous je doute souvent, et d’autres fois je suis un peu découragée et remet au lendemain, mais je m’accroche pour changer et tirer ma vie vers le haut.

La plus belle chose que je peux désormais rendre à ma mère qui m’a donné la vie, et de vivre pleinement celle-ci.

Sortir du silence

Je ne pense pas à ce jour avoir fait mes deuils, loin de là. Mais je sais désormais que je dois prendre conscience de ma souffrance intérieure, qui avec le temps a su se rendre invisible à mes yeux, et qui doit finir par sortir.

J’ai aussi appris que retenir ses larmes n’était pas un bon moyen d’aller mieux, bien au contraire. Pour ceux qui on vu le super film d’animation “Vise et versa” qui traite avec tant d’humour et de poésie les émotions humaines, vous avez bien compris que la tristesse tout comme la pluie avant le soleil, est là pour nous faire aller mieux.

Ne pas censurer son corps, mais le laisser parler sans en avoir honte.
Là est tout le problème de nos sociétés actuelles. Nous faisons taire sans cesse les signaux de nos corps, que ce soit du côté de notre santé physique ou du côté psychique.

Et si nous résolvions désormais les problèmes à la racine en écoutant les maux de nos corps avec la plus grande attention. Avec nos conditionnements cela n’est pas chose facile, mais pas impossible à coeur vaillant !

Il y a mille et une façons de sortir ses émotions. Vous pouvez écrire tout ce que vous avez sur le coeur dans un journal intime, discuter avec vos proches, aller voir une psychologue, vous inscrire dans un groupe de parole qui vit la même épreuve que vous, chanter, danser, faire de l’art thérapie, profiter de la vie, réaliser vos rêves, etc.

Explorer tout ce qui vous plaira, aussi longtemps que nécessaire.

Par exemple, parfois j’écris tout ce qui me passe par la tête pour vider mon esprit, ou encore j’écris des poèmes tout comme le faisait ma mère pour exprimer mes peines et inquiétudes, j’invente des mélodies au piano en fonction de mes humeurs et de ce qui vient, je dessine, …

Pour le coup je cherchais depuis un moment à écrire une chanson pour ma mère, mais ne trouvant pas les mots justes j’ai confié la plume à Florent Meyer pour mettre des mots là où je n’y parvenais pas, et je le remercie énormément de m’avoir permis de réaliser cette magnifique chanson.

Chanter peut soulever de nombreuses émotions, et d’ailleurs tout le monde écoute de la musique souvent nostalgique lorsqu’il est triste ou alors se motive avec une chanson dynamique. Tout cela nous accompagne de façon consciente ou inconsciente.

Alors si vous aussi vous vivez une épreuve difficile que ce soit un deuil ou autre, soyez attentifs à vos émotions et soignez votre esprit et votre corps pour retrouver votre équilibre et avancer.

 

Partager sur facebook

Plus d'articles

 

Leave a reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.