Pourquoi le perfectionnisme tue la créativité

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Comment libérer votre potentiel et la créativité qui sommeillent en vous.

- Il vaut mieux une action imparfaite, qu’une parfaite inaction.

- Goretty Ferreira.

Le perfectionnisme, qualité ou défaut ?

Le perfectionnisme a du bon comme du mauvais selon les situations dans lesquelles il se manifeste. Il est souvent difficile pour certaines personnes de prendre conscience du versant négatif que peut avoir ce trait de personnalité.

Car le perfectionnisme s’il peut permettre à des projets d’être aboutis à leur maximum, peut également à l’inverse les ruiner totalement.

Les personnes perfectionnistes sont jugées comme étant méticuleuses, et lorsqu’on leurs confie un travail on sait qu’on pourra compter sur elles pour que celui-ci soit réalisé avec le plus grand soin.

Mais le versant négatif à cela, et que l’excès de perfectionnisme peut souvent inhiber notre créativité, nous faire perdre un temps considérable, et parfois même effriter notre confiance en nous, au point tel de nous faire tout abandonner.

 

Apprendre à utiliser le perfectionnisme avec parcimonie et discernement

Ce trait de caractère m’a souvent été attribué, et bien que perçu positivement par mon entourage, celui-ci m’a beaucoup handicapé tout au long de mon parcours de vie.

En effet, plus d’une fois j’ai abandonné des projets qui me tenaient pourtant à cœur par peur de l’échec, par peur de décevoir, et souvent par manque de confiance et de foi en ce que je faisais. En résumé, un véritable gâchis pour lequel j’ai loupé plus d’une occasion.

Et malheureusement nous ouvrons souvent les yeux sur ces occasions manquées lorsqu’il est trop tard et que les regrets pointent le bout de leur nez.

C’est pour cela qu’il est important de prendre conscience de ce trait de caractère particulier qui nous anime, afin de l’utiliser avec parcimonie et d’apprendre à s’en libérer lorsque la situation l’exige.

 

Se détacher du jugement des autres et de l’envie d’écouter son ego

Toutefois se délivrer de cet automatisme du perfectionnisme nécessite un vrai travail sur soi. Car dès lors qu’on se rend compte qu’il est sur le point de nous desservir, il faut de suite réagir et lâcher prise sur l’envie d’en rajouter des tonnes à n’en plus finir.

Celui-ci se manifeste toujours dans des situations où notre ego est confronté à son propre jugement et surtout à celui des autres.

Il est alors hors de question pour nous de rendre un travail médiocre ou non abouti de peur du ridicule, de peur d’être reconnus comme étant moyennement bons ou encore inefficaces.

Nous ne comptons alors plus nos heures pour aller jusqu’au bout de nos idées afin de rendre nos projets tels que nous les avons imaginés.

Et parfois même on peut aller jusqu’à en perdre la tête… notre logique trop altérée par notre désir brûlant de plaire et de réussir, préférant tout abonner plutôt que de rendre un travail jugé à nos yeux comme imparfait, et d’en souffrir.

 

Arrêter les comparaisons pour trouver ses propres codes

Je suis la preuve incarnée de l’auto-sabotage dû à la recherche permanente de perfection et à la peur du jugement des autres.

Depuis toute petite j’étais passionnée de dessin. Je dessinais du soir au matin et emportais mes crayons et mon carnet de croquis partout où j’allais.

Je laissais ainsi aller ma créativité au gré de mes envies et me nourrissais de ce sentiment intense que me procurait l’achèvement d’un travail abouti. Chaque nouveau dessin était pour moi l’occasion de me dépasser et de faire mieux que le précédent.

Puis est venu le jour où il a fallu faire un choix d’orientation. Après une mise à niveau en arts appliqués plutôt déprimante j’ai alors voulu réaliser un rêve d’enfant et me lancer dans le dessin animé.

Dessiner-Créativité-Libération-Méditation-Evolution

J’ai ainsi passé le concours d’entrée au BTS dessin d’animation à Luxembourg, et ai été admise.
Cela a été mes plus belles années d’études mais aussi de loin les plus frustrantes ! Car vouloir faire de sa passion un métier peut parfois totalement bloquer la créativité.

Moi qui jusque-là me pensais bonne en dessin de par les retours de mon entourage, j’ai découvert toute la partie technique de la construction de personnages, chose qui m’a dans un premier temps totalement déstabilisé.

Je n’étais plus la meilleure, rien n’était plus parfait, je galérais à dessiner mes premiers personnages animés, comme on peut galérer lorsqu’on apprend à conduire pour la première fois.

Je me sentais tout simplement nulle, et j’avais le sentiment de ne pas être à ma place parmi certains autres de mes camarades qui maîtrisaient déjà à merveille la création de personnages. Je commençais donc à me comparer, et de ce fait à me dévaloriser.

Une fois mes études terminées, je suis rentrée en studio et j’ai pu travailler sur de beaux projets tels que le long-métrage Titeuf, la série Babar ou encore Le petit Spirou. Mais là encore je souffrais du complexe de ne pas être la meilleure et me retrouvais face à mes difficultés obsessionnelles de quête de perfection.

Je n’avais pas encore pris conscience de ce que le perfectionnisme me faisait endurer.

 

Etre parfaitement imparfaits pour agir

Me pensant trop peu compétente pour poursuivre dans cette voie et prétendre à candidater ailleurs après la fermeture du studio dans lequel j’avais fait mes débuts, j’ai cherché à approfondir mes connaissances en dessin.

J’ai alors rencontré à Nancy un artiste et enseignant d’exception, Yann Hovadik. Au-delà de ses solides techniques en dessin, il m’a enseigné sa philosophie d’apprentissage et m’a permis de me dépasser à nouveau.

« Il semble que la perfection soit atteinte non quand il n’y a plus rien à ajouter, mais quand il n’y a plus rien à retrancher. » Antoine de Saint-Exupéry

Il m’a appris également qu’il ne fallait pas attendre d’être parfait pour démarrer quoique ce soit, et que c’était en agissant avec persévérance et régularité qu’on pouvait devenir tout simplement meilleur qu’hier.

C’est ainsi que j’ai commencé grâce à lui à donner des cours en dessin malgré les doutes que j’avais en mes capacités.

Cette expérience m’a été des plus bénéfique, car portée par mon envie d’aider mes élèves à progresser, c’est finalement moi-même sans le savoir que j’ai aidé à évoluer.

Investie corps et âme dans cette mission d’enseignante, j’ai commencé à apprendre l’anatomie par moi-même à l’appui de livres et de vidéos, et j’ai approfondi de ce fait mes bases en construction de personnages comprenant mieux les principes de perspective et de volumes.

Des barrières avaient été franchies, et j’ai découvert que tout comme mes anciens camarades j’avais les capacités d’arriver à leur niveau à force de travail et de foi.

J’ai alors compris que c’était dans la régularité, l’imperfection et les échecs que se trouvait le succès et l’évolution.

 

Les risques à se borner à la perfection : tomber dans l’inaction

Mais les habitudes ayant la vie dure, j’ai fini par lâcher le dessin par manque de confiance, en me comparant à nouveau à tous ces artistes déjà établis, me pensant « imposteur », et craignant de ne pas parvenir à gagner ma vie.

Pourtant je n’avais jamais aussi été à l’aise en construction de personnages d’après imagination que depuis que je m’étais mise à l’apprentissage de l’anatomie et que j’avais eu la chance de bénéficier des conseils précieux de Yann Hovadik.

Le perfectionnisme et mes doutes ont donc tué mes rêves.

Conséquences, je suis tombée dans l’inaction, puis je suis passée de projet en projet en me cherchant constamment, laissant le crayon derrière moi.

Puis suite à des rencontres d’artistes, il y a ce sentiment désagréable de regrets qui est venu me toucher au cœur…

Alors la première fois je l’ai écouté durant quelques mois, puis j’ai fini par tout abandonner à nouveau. La seconde fois, récemment, cela m’a totalement bouleversé et je ne savais plus où j’en étais.

 

Comment se raisonner pour ne pas tout abandonner

Imaginez-vous quelques années plus tard. Imaginez la personne que vous rêveriez d’être dans cinq ans par exemple, et commencez dès aujourd’hui à tracer le chemin qui vous mènera jusqu’à elle.

Dès que l’envie d’abandonner vos rêves vous viendra, imaginez-vous dans le futur et les conséquences qu’aura eu cet abandon sur vos aspirations.

Si les conséquences vous mènent à des regrets, alors c’est qu’il ne faut rien lâcher et que vous devez vous raisonner pour continuer à avancer dans la voie que vous vous êtes tracée. 

Au contraire si cette projection vous procure du soulagement alors c’est qu’il est temps pour vous de passer à autre chose. Carpe Diem.

Mais ne reniez jamais la personne que vous êtes.

 

La difficulté de faire un choix et d’avancer : être multipotentiel

J’en parlerai plus en détails dans un prochain article mais si vous êtes comme moi, et que vous êtes mutipotentialistes, ou que vous l’ignorez encore, alors en plus du perfectionnisme cela ajoute une couche au challenge !

Peut-être n’avez-vous jamais été adeptes de la carrière unique et que de nombreuses disciplines vous ont toujours attirées, mais que dans un souci de gagner votre vie vous y avez renoncé, laissant vos rêves et votre créativité de côté.

Pour ma part j’aurai souhaité avoir connaissance de ce trait de caractère bien avant, car son ignorance a contribué à mon éparpillement et mes multiples abandons, me pensant instable.

Avec ce prochain article vous vous redécouvrirez certainement sous un autre jour si vous êtes multipotentialiste, et votre entourage comprendra bien mieux votre fonctionnement et votre personnalité.

Peu importe la porte que vous prendrez, elles mènent toutes quelque part.

Ne rentrez pas dans le moule qu’on vous tend, fabriquez le vôtre !

Choix-Décision-Développement-Personnel-Créative-Libération

Pour clore cet article, un aperçu de l’illustration que j’ai réalisée hier avec un peu de créativité

Après presque trois ans d’arrêt (malgré quelques gribouillis occasionnels) je me remets à dessiner. 

Une reconnexion avec les émotions de mon enfance. Une méditation exigeant calme et concentration, qui fait beaucoup de bien.

Bon j’avoue, je ne suis pas à 100 % satisfaite du résultat … comme toujours. Mais j’ai agis ! 

ALORS STOP AU PERFECTIONNISME, PRENONS ENFIN DU PLAISIR A CE QUE NOUS FAISONS ET AVANCONS !

 

BONUS : Une belle référence pour celles et ceux qui aiment dessiner et s’adonner à l’illustration, Pernille Orum.

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2 Responses
  1. Merci beaucoup de cet enthousiasme et du commentaire. Je suis ravie de pouvoir t’apporter du peps ! 🙂 Belle journée !

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